top of page

Anxiété sociale : quand le regard des autres prend trop de place

Photo du rédacteur: Anny Beauchesne
Anny Beauchesne
12 oct.
4 min de lecture

Entrer dans une pièce et se demander immédiatement où se placer.

Réfléchir à ce qu’on va dire avant même que quelqu’un nous adresse la parole.

Rejouer une conversation dans sa tête en se demandant : « Est-ce que j’ai dit quelque chose de bizarre? »

Avoir envie de participer, de parler, de rencontrer des gens… mais sentir quelque chose à l’intérieur qui retient.

L’anxiété sociale ne signifie pas nécessairement ne pas aimer les gens ou préférer être seul. Parfois, c’est même tout le contraire.

On aimerait être plus spontané, prendre sa place, participer davantage. Mais le regard des autres semble prendre tellement de place qu’on finit par s’observer soi-même au lieu de vivre pleinement le moment.

Quand notre attention se tourne vers nous

Dans une situation sociale, l’attention peut rapidement se déplacer.

Au lieu d’écouter simplement la conversation, une partie de nous commence à surveiller :

Est-ce que je parle trop?

Est-ce que je ne parle pas assez?

Qu’est-ce qu’ils pensent de moi?

Est-ce qu’ils voient que je suis nerveux?

Et si je rougis?

Et si je ne sais plus quoi dire?

C’est comme essayer d’avoir une conversation tout en se regardant constamment dans un miroir.

Plus on s’observe, plus il devient difficile d’être naturel.

Et plus on essaie de paraître naturel… moins on a l’impression de l’être.

Avant, pendant… et même après

L’anxiété sociale ne commence pas toujours au moment où l’on rencontre les autres.

Elle peut apparaître bien avant.

Une invitation arrive et le mental commence déjà à imaginer ce qui pourrait se passer.

Qui sera là?

Avec qui vais-je parler?

Et si je me retrouve seul?

Et si je ne sais pas quoi répondre?

Le corps peut lui aussi réagir : cœur qui accélère, chaleur, tension, gorge serrée, mains moites, inconfort dans le ventre.

Puis vient parfois l’envie d’éviter.

Refuser l’invitation procure alors un soulagement immédiat.

Mais ce soulagement peut renforcer une idée : « J’ai bien fait de ne pas y aller. Je n’aurais probablement pas été capable. »

Et le cercle peut tranquillement s’installer.

Il y a aussi ce qui se passe après.

La soirée est terminée, mais la conversation continue dans notre tête.

Pourquoi ai-je dit ça?

J’aurais dû répondre autrement.

Ils ont sûrement remarqué que j’étais mal à l’aise.

On analyse parfois quelques secondes d’une rencontre pendant des heures.

Et si ce n’était pas un manque de confiance?

Derrière l’anxiété sociale, il peut y avoir une peur très humaine : celle d’être jugé, rejeté, ridiculisé ou de ne pas être à la hauteur.

Alors une partie de nous essaie de nous protéger.

Elle anticipe.

Elle analyse.

Elle surveille.

Elle nous encourage parfois à rester en retrait.

Son intention n’est pas nécessairement de nous empêcher de vivre.

Elle essaie peut-être simplement d’éviter une expérience qu’elle considère comme menaçante.

Le problème apparaît lorsque ce système de protection devient si présent qu’il nous empêche d’aller vers ce que nous désirons réellement.

Prendre sa place sans devoir devenir quelqu’un d’autre

Apaiser l’anxiété sociale ne signifie pas devenir la personne la plus extravertie de la pièce.

Il ne s’agit pas non plus de ne plus jamais ressentir de gêne.

L’objectif peut être beaucoup plus doux.

Pouvoir entrer dans une pièce sans avoir l’impression que tous les regards sont tournés vers soi.

Participer à une conversation sans préparer chaque phrase.

Accepter un silence sans immédiatement penser qu’on a fait quelque chose de mal.

Oser parler même si notre voix n’est pas parfaitement assurée.

Et surtout, commencer à déplacer notre attention de :

« Comment les autres me voient-ils? »

vers :

« Comment est-ce que je me sens, moi, dans cette situation? »

Quelle place l’hypnose peut-elle avoir?

En hypnose, on ne cherche pas à forcer une personne à devenir sociable ou à supprimer une émotion.

Le travail peut plutôt permettre d’explorer ce qui se passe à l’intérieur lorsqu’elle se sent observée ou jugée.

Selon la personne, nous pouvons travailler sur le sentiment de sécurité, la confiance, certaines réactions automatiques, l’anticipation ou encore cette petite voix intérieure qui analyse constamment ce que les autres pourraient penser.

L’état hypnotique peut aussi offrir un espace pour imaginer et expérimenter intérieurement une autre façon de vivre certaines situations.

Non pas en se disant :

« Je dois absolument être à l’aise. »

Mais peut-être simplement :

« Je peux être un peu nerveux… et quand même rester moi-même. »

Cette différence peut sembler petite.

Pourtant, elle change beaucoup de choses.

Et si le regard le plus important était le vôtre?

Nous ne pouvons pas contrôler ce que chaque personne pense de nous.

Et nous n’avons probablement pas besoin de le faire.

Peut-être que le chemin commence plutôt lorsque le regard que nous portons sur nous-mêmes devient progressivement plus doux que celui que nous imaginons dans les yeux des autres.

Prendre sa place ne veut pas dire parler plus fort.

Parfois, prendre sa place, c’est simplement arrêter de vouloir disparaître.

Et s’autoriser, tranquillement, à être là.

Avancer à votre rythme.


Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page