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Hypnose et autisme : accompagner autrement, sans chercher à changer qui l’on est

  • Photo du rédacteur: Anny Beauchesne
    Anny Beauchesne
  • il y a 3 jours
  • 4 min de lecture

Lorsqu’on parle d’autisme, on parle souvent d’adaptation.

  • S’adapter à l’école.

  • S’adapter au travail.

  • S’adapter aux autres.

  • S’adapter aux imprévus.

  • S’adapter à un environnement qui peut parfois être bruyant, rapide, intense ou simplement difficile à décoder.

Mais si, pour une fois, on faisait l’inverse?

Si l’accompagnement s’adaptait à la personne?

C’est dans cette perspective que l’hypnose peut devenir intéressante.

  • Non pas pour « traiter » l’autisme.

  • Non pas pour changer la personne.

  • Et certainement pas pour lui apprendre à devenir quelqu’un d’autre.

Mais pour lui offrir un espace dans lequel elle peut mieux comprendre son propre fonctionnement, reconnaître ses besoins et découvrir des outils qui lui ressemblent.


Un cerveau qui perçoit le monde autrement

Une lumière trop forte.

Un bruit que les autres semblent à peine remarquer.

Un changement de programme annoncé à la dernière minute.

Une émotion difficile à identifier.

Une conversation dont les règles implicites ne sont pas toujours évidentes.

Pour certaines personnes autistes, des situations qui semblent anodines pour les autres peuvent demander énormément d'énergie.

Et lorsque plusieurs de ces éléments s'accumulent, le système peut finir par dire :

« C'est trop. »

L'objectif de l'accompagnement n'est alors pas de faire disparaître cette sensibilité.

Il peut plutôt être d'apprendre à reconnaître plus tôt ce qui se passe à l'intérieur.


L'hypnose comme espace d'exploration

L'hypnose peut offrir un espace calme où la personne peut explorer ses sensations, ses émotions et ses réactions à son propre rythme.

Et surtout, une séance n'a pas besoin de ressembler à une séance d'hypnose traditionnelle.

Certaines personnes aiment fermer les yeux.

D'autres préfèrent les garder ouverts.

Certaines aiment les métaphores.

D'autres ont besoin de choses très concrètes.

Certaines personnes visualisent facilement des images alors que d'autres pensent davantage en sensations, en mots, en couleurs, en sons ou en concepts.

C'est à l'accompagnement de s'adapter.


Des outils qui deviennent concrets

J'aime beaucoup utiliser des représentations simples que la personne peut ensuite reprendre dans son quotidien.

Par exemple, un gradateur.

Si une émotion devient très intense, on peut imaginer qu'elle possède un gradateur.

Il ne s'agit pas nécessairement de mettre l'émotion à zéro.

Parce que l'émotion a peut-être quelque chose à nous dire.

On peut simplement apprendre à diminuer son intensité suffisamment pour retrouver un peu d'espace.

Il peut aussi y avoir un bouton STOP.

Un outil intérieur permettant de créer une petite pause avant de réagir.

Ou encore une salle de contrôle, dans laquelle différentes commandes représentent les sensations, les pensées ou les émotions.

L'imaginaire devient alors une façon de rendre visible quelque chose qui se passe à l'intérieur.


La petite lanterne du prochain pas

Imagine un chemin.

On ne voit pas nécessairement jusqu'où il mène.

Peut-être qu'il tourne.

Peut-être qu'il y a du brouillard.

Et lorsqu'on essaie de voir tout le chemin en même temps, cela peut devenir impressionnant.

Mais dans ta main, il y a une petite lanterne.

Elle n'éclaire pas toute la route.

Elle éclaire seulement quelques pas devant toi.

Et c'est suffisant.

Parce qu'on n'a pas toujours besoin de connaître toutes les étapes.

Parfois, on a seulement besoin de savoir :

Quel est mon prochain petit pas?

Cette image peut être particulièrement intéressante lorsqu'une situation semble trop grande : une rentrée scolaire, une nouvelle activité, une rencontre, un changement de routine ou simplement une journée qui ne se déroule pas comme prévu.

On revient alors à la lanterne.

Pas toute la semaine.

Pas toute la journée.

Seulement le prochain pas.


Les intérêts particuliers peuvent aussi devenir des ressources

Un intérêt très présent n'est pas nécessairement quelque chose dont il faut éloigner la personne.

Il peut devenir une porte d'entrée extraordinaire.

Un univers connu.

Un personnage.

Une couleur.

Un animal.

Un système.

Une passion.

Tout cela peut servir de langage pour construire des outils qui ont réellement du sens pour la personne.

L'objectif n'est pas d'imposer mon imaginaire.

C'est d'entrer doucement dans le sien.

Créer de la sécurité avant de chercher le changement

Dans mon approche, il y a quelque chose de fondamental :

on ne commence pas par demander à la personne de changer.

On commence par créer suffisamment de sécurité pour qu'elle puisse observer ce qui se passe en elle.

Qu'est-ce qui me surcharge?

Qu'est-ce qui m'apaise?

Quels sont les premiers signes qui m'indiquent que j'arrive à ma limite?

De quoi ai-je besoin lorsque cela arrive?

Qu'est-ce qui fonctionne déjà pour moi?

Parce qu'une personne possède souvent beaucoup plus de ressources qu'elle ne le croit.

L'accompagnement peut simplement l'aider à les reconnaître et à les utiliser consciemment.


L'hypnose ne cherche pas à enlever l'autisme

C'est une distinction importante.

L'autisme n'est pas quelque chose que l'hypnose doit faire disparaître.

L'hypnose ne remplace pas non plus les professionnels de la santé ni les autres formes d'accompagnement lorsque celles-ci sont nécessaires.

Elle peut plutôt devenir un outil complémentaire, adapté à certaines personnes et à certains objectifs : apprendre à mieux reconnaître ses états internes, développer des stratégies d'apaisement, préparer certaines transitions ou simplement créer un espace où l'on peut se déposer.

Toujours dans le respect de la personne.

De son rythme.

De ses limites.

De ses forces.

Et de sa façon unique de percevoir le monde.


Accompagner autrement

Peut-être que la question n'est finalement pas :

« Comment faire pour que cette personne fonctionne comme tout le monde? »

Mais plutôt :

« Comment puis-je l'aider à mieux fonctionner avec qui elle est? »

Et parfois, le changement commence exactement là.

Non pas lorsqu'on essaie de devenir quelqu'un d'autre…

mais lorsqu'on commence à comprendre comment avancer en étant pleinement soi.

Envol Hypnose


Accompagner avec douceur, dans le respect de votre propre fonctionnement.

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