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Hypnose et TDAH : apprivoiser son attention plutôt que la forcer

Photo du rédacteur: Anny Beauchesne
Anny Beauchesne
il y a 5 jours
5 min de lecture

« Concentre-toi. »

« Termine ce que tu as commencé. »

« Arrête de penser à autre chose. »

« Tu pourrais tellement bien réussir si tu faisais juste un petit effort… »

Pour une personne qui vit avec un TDAH, ces phrases peuvent devenir familières. Parfois même tellement familières qu'elles finissent par laisser une impression : celle de ne jamais fonctionner tout à fait comme il faudrait.


Pourtant, derrière ce que l'on appelle rapidement un manque d'attention, il y a souvent une réalité beaucoup plus complexe.


Parce qu'un cerveau TDAH n'est pas nécessairement un cerveau qui manque d'attention.

C'est souvent un cerveau qui a de la difficulté à diriger, maintenir, déplacer ou interrompre son attention au bon moment.


Et si, plutôt que de constamment essayer de le forcer à fonctionner autrement, on apprenait à mieux comprendre son fonctionnement?


C'est là que l'hypnose peut devenir un outil intéressant.


Un cerveau qui peut avoir plusieurs fenêtres ouvertes en même temps


Imagine un ordinateur.

Une fenêtre est ouverte pour ce que tu dois faire.

Mais derrière, il y en a une autre avec une idée intéressante.

Une autre avec quelque chose que tu ne veux surtout pas oublier.

Une autre avec une conversation de ce matin.

Une autre avec ce que tu dois faire demain.

Et soudain…

une notification intérieure apparaît.

Puis une autre.

Et encore une autre.

Ce n'est pas nécessairement que la première tâche n'est pas importante.

C'est simplement que tout semble vouloir attirer l'attention en même temps.

Pour certaines personnes vivant avec un TDAH, le quotidien peut parfois ressembler à cela.

Et cette activité intérieure constante peut devenir épuisante.


« Pourtant, quand ça l'intéresse, il peut rester concentré pendant des heures… »

C'est justement l'une des particularités intéressantes du TDAH.

L'attention n'est pas toujours absente.

Elle peut même devenir extrêmement intense.

Lorsqu'une activité est stimulante, nouvelle, urgente ou particulièrement intéressante, certaines personnes peuvent entrer dans une concentration très profonde, parfois appelée hyperfocus.


Le défi n'est donc pas simplement :

« Est-ce que je suis capable de me concentrer? »


Il peut davantage ressembler à :

« Est-ce que je peux orienter mon attention vers ce que je choisis, au moment où j'en ai besoin? »

Cette distinction change beaucoup de choses.


Parce qu'on cesse tranquillement de regarder la personne comme quelqu'un qui ne fait pas assez d'efforts.

On commence plutôt à chercher avec elle :

Comment fonctionne ton attention?


Et les émotions dans tout ça?

Le TDAH ne se manifeste pas seulement dans les devoirs, les tâches ou l'organisation.

Pour certaines personnes, les émotions peuvent également prendre beaucoup de place.

Une frustration peut monter rapidement.

Une remarque peut rester longtemps dans la tête.

Une tâche qui semble simple peut devenir une montagne.

Et lorsqu'on ajoute la fatigue, la surcharge, les attentes, les rendez-vous, les responsabilités et tout ce qui tourne déjà à l'intérieur…

le système peut finir par dire :

« C'est trop. »

Chez l'enfant, cela peut parfois prendre la forme d'une explosion.

Chez l'adolescent, d'un retrait ou d'une réaction impulsive.

Chez l'adulte, cela peut ressembler à de la procrastination, de l'irritabilité, une difficulté à démarrer ou cette impression d'être constamment en train de courir après sa propre journée.


Où l'hypnose peut-elle trouver sa place?

L'hypnose ne guérit pas le TDAH.

Elle ne remplace pas non plus une évaluation, un suivi médical, psychologique ou une médication lorsqu'ils sont indiqués.


Son rôle peut être différent.

Elle peut offrir un espace permettant à la personne de ralentir suffisamment pour observer ce qui se passe en elle et expérimenter de nouvelles façons de répondre à certaines situations.

En hypnose, nous pouvons notamment travailler autour de la gestion du stress, de la régulation émotionnelle, de la confiance, de la préparation à certaines situations, des habitudes ou encore de stratégies favorisant l'organisation et l'attention.

Mais surtout, nous pouvons rendre ces stratégies concrètes et personnelles.


Quand une image devient un outil

Avec un enfant ou un adolescent, je pourrais par exemple lui proposer d'imaginer sa propre salle de contrôle.

Devant lui se trouvent plusieurs écrans.

Certains demandent son attention immédiatement.

D'autres peuvent attendre.

Il découvre alors qu'il existe peut-être une commande permettant de diminuer temporairement le volume de certains écrans.

Pas de les détruire.

Pas de les faire disparaître.

Simplement de leur dire :

« Je vous ai vus. Je reviendrai vous voir plus tard. Pour l'instant, je choisis celui-ci. »

Pour une autre personne, ce sera peut-être un gradateur qui permet de diminuer l'intensité d'une émotion.

Pour une autre, un bouton PAUSE avant de réagir.

Ou encore une boîte dans laquelle déposer temporairement une idée afin de ne pas avoir peur de l'oublier.

Ces images peuvent sembler simples.

Mais lorsqu'elles appartiennent véritablement à l'univers de la personne, elles peuvent devenir des repères qu'elle retrouve ensuite dans son quotidien.


Commencer peut parfois être plus difficile que faire

Il y a également cette phrase que j'entends souvent :

« Je sais ce que j'ai à faire. Je ne comprends juste pas pourquoi je ne le fais pas. »

Et cela peut être extrêmement frustrant.

La tâche est connue.

La personne possède les capacités nécessaires.

Elle veut réellement la faire.

Mais entre savoir et commencer, quelque chose semble bloquer.

Alors plutôt que de regarder toute la montagne, on peut travailler sur le prochain petit geste.

Pas :

« Je dois ranger toute la maison. »

Mais :

« Je commence par cette table. »

Pas :

« Je dois terminer ce dossier. »

Mais :

« J'ouvre le document. »

Parfois, le cerveau n'a pas besoin de voir tout le chemin.

Il a simplement besoin de savoir quel est le prochain pas.

Et si on arrêtait de voir seulement les difficultés?

Un fonctionnement TDAH peut également être accompagné de belles forces.

Une grande créativité.

Une capacité à faire des associations rapidement.

Une pensée originale.

De la spontanéité.

Une énergie communicative.

Une curiosité immense.

Une capacité à plonger profondément dans ce qui passionne.

Évidemment, chaque personne est différente.

L'objectif n'est donc pas de transformer le TDAH en liste de défauts… ni en liste de superpouvoirs.

C'est plutôt de regarder la personne dans son ensemble.

Avec ce qui lui demande davantage d'énergie.

Et avec ce qui constitue ses ressources.

Apprivoiser plutôt que combattre

Pour moi, accompagner une personne vivant avec un TDAH ne consiste pas à lui apprendre à devenir quelqu'un d'autre.

Il s'agit plutôt de l'aider à se demander :

Qu'est-ce qui se passe en moi?

Qu'est-ce qui m'aide réellement?

Comment puis-je reconnaître plus rapidement le moment où tout commence à déborder?

Quels outils correspondent à ma façon de penser?

Et surtout :

Comment puis-je travailler avec mon cerveau plutôt que constamment contre lui?

Parce que derrière un comportement que l'on juge parfois trop rapidement comme de la distraction, de l'impulsivité ou de la procrastination, il y a une personne qui essaie souvent depuis longtemps de s'adapter.

L'hypnose peut alors devenir un espace d'exploration.

Un endroit où l'on ralentit.

Où l'on observe.

Où l'on expérimente.

Et où l'on construit progressivement des outils qui ressemblent à la personne qui les utilisera.

Car le but n'est pas d'apprendre à son cerveau à fonctionner comme celui de quelqu'un d'autre.

C'est de l'aider à découvrir comment fonctionne le sien… et comment avancer avec lui.

Envol Hypnose

Un accompagnement respectueux de votre rythme, de votre réalité et de votre façon d'être.


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